Lire un bilan : où se trouve quoi
Un bilan n’est pas un tableau de résultats. Il ne dit pas si l’entreprise gagne de l’argent, il dit d’où vient l’argent et où il est passé.
Deux colonnes qui disent la même chose autrement
À gauche, l’actif : ce que l’entreprise possède ou détient, locaux, matériel, stocks, créances clients, trésorerie. À droite, le passif : d’où vient le financement de tout cela, apports des associés, bénéfices non distribués, emprunts, dettes fournisseurs.
Les deux colonnes s’équilibrent toujours, par construction. Ce n’est pas une performance, c’est une identité comptable : tout ce qui est possédé a bien été financé par quelqu’un.
Les trois lignes à lire en premier
Les capitaux propres, en haut du passif. S’ils deviennent négatifs, l’entreprise doit plus qu’elle ne vaut, et une procédure d’alerte peut s’enclencher. C’est le premier chiffre que regarde un banquier.
La trésorerie, en bas de l’actif, comparée aux dettes à moins d’un an. Une entreprise rentable peut mourir d’un décalage entre les deux.
Le poste clients. Un montant élevé rapporté au chiffre d’affaires signifie que l’argent a été gagné mais pas encaissé, c’est le symptôme classique des entreprises du bâtiment en fin de chantier.
Ce que le bilan ne dit pas
Il ne dit rien du résultat de l’année : c’est le compte de résultat qui le porte. Il ne dit rien non plus de la valeur de marché : un immeuble acheté il y a vingt ans figure à son coût d’achat diminué des amortissements, pas à ce qu’il vaudrait à la revente.
Il ne dit rien des engagements hors bilan, cautions données, contrats de location longue durée. Ceux-là figurent en annexe, la partie que personne ne lit et qui contient souvent l’essentiel.
Le piège de la lecture isolée
Un bilan seul ne veut presque rien dire. Il prend son sens comparé à celui de l’exercice précédent, et rapporté au secteur. Un stock de trois mois est confortable pour un négoce, alarmant pour une activité de service. C’est la lecture comparée qui a de la valeur, et c’est aussi la partie que les cabinets facturent le moins souvent d’office.
Pour aller au concret
Ce sujet relève de la mission « Bilan et liasse fiscale ». Bilan comptable et liasse fiscale à Lyon